Interviews

Orientation: Dans l’oreille d’une psy

Line Mourey est psychologue clinicienne et “rédactrice web” pour son site. Elle réalise des articles sur les thématiques/problématiques que peuvent rencontrer ses patients. Elle a accepté de répondre aux questions de Mademoiselle ERGO dans un portrait exclusif :

«MADEMOISELLE ERGO» – Pouvez-vous nous décrire le concept de “cabinet” ?

Line Mourey – Cela fait maintenant trois ans que je suis psychologue et jusqu’à présent, j’ai toujours été une psychologue salariée. Depuis peu, je loue un cabinet tous les lundis de chaque semaine que je consacre à mon activité de psychologue libérale. J’ai donc une micro-entreprise ! Ce cabinet est un espace de travail qui me permet de recevoir des patients tout au long de la journée, de manière indépendante tout en poursuivant mon travail salarial à mi temps.

Quel a été le déclic pour vous lancer ce domaine ?

C’est depuis toujours que je souhaite partager mon temps de travail entre institution et cabinet privé. Travailler en libéral permet d’avoir son propre bureau, son espace de travail personnel, ses horaires, son salaire et une certaine autonomie puisque nous n’avons pas d’employeur. Pour toutes ces raisons, il est confortable d’être en micro-entreprise ! Petit à petit, je me suis aussi rendu compte des difficultés du marché de l’emploi. Les débouchés pour les psys sont assez difficiles: il faut parfois enchaîner de nombreux et courts CDD, voire même accumuler plusieurs temps partiels, postuler sans cesse et c’est usant. J’ai vite compris que ma sécurité financière, ça serait à moi de la construire. Je me suis donc lancée dans l’aventure de la micro-entreprise plus tôt que prévu…Mais je me sens prête aujourd’hui !

Quelles études/formations avez-vous suivies en supérieur ?

Après un Bac général (ES), je suis entrée à l’université pour 5 ans de formation: 3 ans de licence et 2 ans de master. Parallèlement à mon cursus universitaire théorique et pratique (stages), j’ai suivi une formation en hypnose. Le métier de psychologue, comme dans la majorité des métiers je pense, nécessite une formation en continue. C’est pourquoi j’essaye de compléter mes acquis un peu plus chaque année ! J’ai récemment suivi une formation sur les violences faites aux femmes et je vais entamer prochainement une formation sur les Thérapies Cognitivo Comportementale. La psychologie est un univers constamment en mouvement, en perpétuel changement, il faut donc s’adapter et mettre ses connaissances à jour !

Quel est le business model que vous proposez  ?

Je n’ai pas vraiment de business model. Aujourd’hui, j’essaie de trouver un équilibre financier entre mon activité salariale et mon activité libérale. Je n’ai pas pour objectif de monétiser mon blog mais celui-ci me permet de gagner en visibilité !

Comment vivez-vous le fait d’être psychologue et rédactrice  ?

C’est enrichissant en tout point de vue ! Le fait de tenir un blog et de rédiger des articles me permet de communiquer sur des concepts de psychologie, de proposer quelques astuces pour améliorer son quotidien par exemple. C’est un réel plaisir de renseigner les lecteurs et de leurs permettre de prendre soin d’eux.

Tenir un blog en plus d’une activité salariée et une profession libérale est également un investissement. Un investissement financier d’abord car il faut payer le site, son hébergement et sa maintenance. Et aussi un investissement en terme d’énergie ! Cela demande en effet un temps considérable pour se familiariser avec le SEO, le code, pour rédiger des articles, mener des recherches et communiquer sur les différents réseaux sociaux. J’ai la sensation d’être parfois multi-casquette: community manager, développeur, rédactrice et psy ! Heureusement que mon compagnon, qui est chef de projet en web marketing, m’épaule sur ce projet !

Comment se passe une journée ou semaine type avec vous ?

Si vous m’accompagnez toute une semaine, cela donnerait à peu près ça:

  • Lundi, une journée complète au cabinet pour mon activité de psychologue libérale.
  • Le mardi, mercredi et jeudi, journées complètes en tant que psychologue salariée d’une structure médico-sociale publique. Avec bien entendu ma séance de sport du Mercredi soir, pour me détendre !
  • Le vendredi est une journée entièrement consacrée à mon blog : rédaction / promotion d’articles et optimisation du site ! Le tout confortablement installée sur mon canapé, une tasse de thé à la main. Et le soir je décompresse autour d’un verre avec des amis !
  • Le week-end est pour le temps libre uniquement (voyager, retrouver sa famille, prendre soin de soi, etc…).

Qu’est-ce qui vous anime le plus dans votre projet ?

Ce qui m’anime le plus dans ce projet, c’est la liberté qu’il apporte ! Dans mon cabinet, je suis libre d’accueillir les personnes quelque soit leurs âges ou leurs problématiques personnelles. Libre aussi d’utiliser mes outils (hypnose, médiations, …). Ce qui n’est pas forcément le cas dans mon travail de psychologue salariée où je dois suivre le règlement de l’établissement et ses missions spécifiques.

Le travail en institution impose forcément des contraintes mais il est aussi très intéressant d’échanger avec une équipe pluridisciplinaire, ce que je n’ai pas avec mon cabinet. C’est pour cela qu’il est essentiel (pour moi) de combiner libéral et salarié !

Quel est votre recette ou mantra des les moments “down” ?

Mon travail me demande d’être au quotidien au contact de personnes qui ne vont pas forcément bien et qu’il faut soutenir. Cela nécessite de la patience, de l’écoute, de l’adaptabilité et une grande disponibilité psychique.

De nature plutôt solitaire, j’ai besoin d’être seule pour me ressourcer. Il est donc indispensable à mon équilibre d’avoir de petits moments rien qu’à soi : se balader, prendre soin de soi, bouquiner sur le canapé en silence et de se couper le temps de quelques heures de toutes interactions sociales. Il est important dans mon métier de ne pas trop tirer sur la corde et de connaître ses limites au risque de « craquer ». Je suis mon propre outil de travail (du moins, mes oreilles et mon cerveau), et je dois m’écouter aussi.

C’est aussi pour cela que je ne rédige qu’un article par mois sur le blog et que je n’ai qu’une journée par semaine au cabinet en plus de mon mi-temps. Ce rythme me permet de garder du temps pour moi, mes proches et de garder le plaisir d’écrire et d’accueillir sereinement les personnes dans la durée sans brûler toute mon énergie.

Selon vous, qu’est-ce qui il faut faire pour se lancer à son compte ? Avez-vous des conseils ?!

Pour se lancer à son compte, je dirai qu’il faut dans un premier temps un projet concret et être débrouillard. Le statut d’auto-entrepreneur offre en apparence beaucoup d’avantages: de faibles charges et une certaine autonomie. Mais il faut souvent aller pêcher des informations à droites à gauches car les lois évoluent, se renseigner sur les charges, s’il y a une demande, les impôts, la retraite, les arrêts maladies, les assurances, mutuelles, etc… Cela demande de l’autonomie et des responsabilités.

Dans ma branche, il me semble nécessaire d’être aussi « solide ». Travailler en libéral, c’est généralement travailler seul, sans collègues, et c’est parfois complexe à gérer !

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Quels sont vos rêves ou projets futurs ?

J’ai pour projet de faire grandir un peu plus chaque année mon blog ! Puis je rêve de créer un jour ma Bande Dessinée sur mon métier de psy. Ça serait sympa d’illustrer certaines situations que j’ai vécu avec une touche humoristique. Le rire permet de dédramatiser et il est vrai que nous rencontrons parfois des situations stressantes, effrayantes ou qui nous mettent en colère.

Alors les transformer en « art », c’est une belle manière de les « digérer » ! Je me souviens d’une fois où une personne sortant de prison s’est présentée sur mon lieu de travail et a menacé avec un couteau ma collègue et moi par exemple !

La BD permettra aussi de désacraliser l’image du psy, métier souvent victime de nombreuses représentations trompeuses !

Qu’est-ce que vous faîtes quand vous ne travaillez pas ? (activités/hobby’s)

Quand je ne travaille pas, je fais de la couture. Cette activité à le mérite de me vider la tête, de me recentrer sur moi même (mes pensées arrêtent de s’éparpiller) et de booster l’estime de soi ! Lorsque je réalise une joli robe ou une gigoteuse pour le bébé d’une de mes amies, je suis fière d’avoir réalisé quelques choses de mes mains et de faire plaisir.

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Mademoiselle Ergo

Mademoiselle Ergo

Fondatrice & Rédactrice en chef
Fondé en juin 2015, le média de Mademoiselle Ergo est un “recueil” de bons plans, d’astuces et de conseils liés aux thématiques de la communication digitale, des métiers, des modes de vie (lifestyle) et de l’orientation. Mademoiselle Ergo, c’est avant tout une entrepreneure de sa vie qui, depuis 5 ans, a créé un univers avec une touche de “Yellow Vibes”. C’est surtout, une jeune femme solaire et dynamique prénommée Florence Ergo

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