Loïs Low, cet illustrateur et chanteur inspiré, partage sa vie entre Lille et Paris. À la recherche de nouvelles inspirations, cet artiste vous propose de découvrir son univers.  Loïs nous transmet sa passion pour le dessin et la chanson au travers d’une interview exclusive accordée à Mademoiselle Ergo.

Photos: ©Rémi Pailleux – tous droits réservés

«MADEMOISELLE ERGO» – Pouvez-vous nous décrire de votre métier d’illustrateur-dessinateur?

Loïs Low – Je crée comme je respire, pour moi le trait et la couleur (peinture) sont des moyens d’expression exprimant des angoisses, des désirs, ou des rêves par exemple. Je vois l’illustration comme une remise en question permanente et une recherche perpétuelle. Il y a un effet cathartique dans ma pratique, mais pas uniquement. J’aime faire les choses parfois totalement inconsciemment à la manière des surréalistes, parfois de façon plus contrôlée et narrative. Je crée donc des œuvres uniques, sur commande ou dans une création totalement libre. Je ne suis donc pas dans le reproductible propre à un métier de graphiste par exemple.

Titre: La Main – 24 x 32 cm – Encre sur papier
©Loïs Low – tous droits réservés

Je ne me situe pas dans le monde de la bande dessinée non plus, auquel je n’ai pas de problème à emprunter pourtant certains codes. À contrario d’une bande dessinée j’aime l’idée qu’une illustration soit une histoire par elle-même et pour elle-même, avec une part narrative et une part de non-dit. Ainsi je pense être plutôt dans la lignée du dessin d’art contemporain même si esthétiquement certains traits peuvent évoquer quelque chose de classique ou populaire. Quoi qu’il en soit, je ne me fixe pas de barrière et essaie de ne pas entrer dans une case particulière. J’essaie de créer des œuvres ouvrant le regard à de multiples interprétations plutôt qu’une histoire comportant un début et une fin. J’aime l’idée d’emprunter aux milieux populaires (bds, fanzines…) et plus élitistes dans une expression picturale libre où viennent s’enchevêtrer rêves, frayeur, humour beauté et laideur. Il s’agit de provoquer une émotion, un questionnement…

Quel est votre cursus scolaire en supérieur?

J’ai étudié aux Beaux-Arts ou j’ai obtenu mon DNSEP (Diplôme national d’Études supérieures) avec mention.

Pourquoi avoir choisi l’univers du dessin?

Ça peut ressembler à une phrase un peu galvaudée, mais je crois que c’est le dessin qui m’a choisie. Dans le sens où j’ai toujours dessiné depuis l’enfance et les premiers ennuis en cours ! J’ai ensuite choisi de perfectionner mon trait, et surtout trouver ma pâte. Comme en littérature pour moi le plus important est de trouver sa voie, son style.

Vous êtes aussi auteur/compositeur/interprète, pouvez-vous nous en parler?

Alors que selon moi le dessin est quelque chose qui se rapproche plutôt de la concentration mentale, presque de la méditation, j’ai également besoin de laisser parler mes tripes et d’avoir un rapport plus frontal et direct à l’art et aux spectateurs. Lorsqu’on expose une oeuvre picturale, l’oeuvre est déjà réalisée, d’une certaine manière on n’a presque pas besoin d’être là à son propre vernissage pour que les œuvres puissent vivre.

Pour la musique c’est différent, il y a la période de composition, qui se rapproche du dessin dans le rapport à la concentration, au tâtonnement parfois, mais vient ensuite la monstration, le direct. Lorsqu’on est sur scène, c’est une sensation inégalée, quelque chose de très flippant, mais aussi terriblement excitant. Et quel plaisir d’incarner ce que l’on a créé et d’avoir une réception directe sur son art, par le public. C’est donc pour faire parler tout mon corps, du cerveau à tout le reste, que je ne me cantonne pas au dessin. Pour mon propre équilibre, j’ai besoin d’exprimer également par ma voix et mes modestes compositions une autre part de moi.

La musique est-ce une passion ou un deuxième métier?

C’est plus une passion dans le sens où j’y consacre un peu moins de temps. Ceci dit je n’ai pas envie de hiérarchiser dessin et musique. J’aimerais d’ailleurs, si vous me le permettez, questionner les notions de métier et de passion. Quand on passe plus de 40 heures par semaine sur une feuille ou une guitare, c’est du travail, donc un métier non ? Qu’on en vive ou pas. De toute façon il est très compliqué en 2017 de vivre de son art qu’il s’agisse de musique ou de dessin, est c’est un gros problème d’ordre politique même ! Je suis pour un revenu minimum alloué à tous les artistes. Ne vivant totalement pas du dessin non plus je pense faire les deux de la façon la plus libérée, et donc la plus authentique possible.

J’aimerais maximiser les collaborations, notamment avec des éditeurs, le milieu littéraire m’attire énormément.

Qu’est-ce qui vous plait le plus dans la musique et le dessin?

Dans le dessin comme dans la musique, ce qui est grisant existe vraiment lorsque la technique n’est pas un frein. Lorsqu’on a l’idée et que le geste, la main ou la voix peut exprimer précisément celle-ci. Le dessin est une méditation, un voyage vers l’ailleurs, une évasion.

La musique est un peu de cet ordre, mais tiens plus du jaillissement, de l’impudeur, parfois même du souffle sportif ! Il est question de rythme de tripes, de sueur, de larmes… Ce sont deux temporalités différentes, deux pulsions physiques, deux expressions corporelles. Avec le dessin le plaisir vient souvent d’une forme d’achèvement, en musique c’est le temps présent qui compte.

Al Dente – 50 x 60 cm – Tech.Mixt/papier – ©Loïs Low – tous droits réservés

Êtes-vous indépendant? Si oui, comment le vivez-vous?

Je suis indépendant et précaire, je vis de boulots alimentaires que j’exerce à mi-temps pour me permettre d’exercer ma pratique artistique. C’est souvent un numéro d’équilibriste et les semaines sont chargées !

Comment se passe une journée ou une semaine type avec vous?

Du rock anglais dans la chaîne, des feuilles étalées, des stylos qui glissent, une guitare qui cherche, des rues parcourues, des promenades à l’affût d’un dessin à ‘mettre en situation’ ( cf mon Instagram alimenté régulièrement), de la fausse bohème désinvolte,  de la peinture qui sèche, des rencontres, du travail réel, des discussions, une observation des gens, des architectures, de la nature, des soirées tardives, des levers tôt, parfois peu de sommeil…mais le trait est moins bon lorsqu’il est fatigué. Tout ceci parfois en une journée !

Quels sont vos rêves ou projets futurs?

Plus de scènes acoustiques ! Ça fait longtemps là et ça me manque. Composer une nouvelle chanson,  pourquoi ne pas sortir enfin un petit album.

Un livre d’artiste récapitulant mes dessins mis en situation sur Instagram…à suivre !

Quels conseils donneriez-vous à des jeunes qui souhaitent se lancer dans la création, la musique, etc?

N’y allez pas c’est un piège truffé d’embûches ! Je plaisante à peine, non sérieusement, si c’est un besoin viscéral et non une lubie passagère il faut s’accrocher, ne rien s’interdire, oser plonger en soi tout en s’intéressant au monde. Et ne pas se fermer à d’autres possibilités d’actions d’entreprendre, le monde dans lequel ils vivront est ce qu’ils en feront. Les artistes n’ont peut-être pas beaucoup d’argent en général, mais ce qu’ils trouveront en eux, cette richesse intérieure c’est une liberté sans prix.

Photos: ©Rémi Pailleux – Tous droits réservés

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