Pour clôturer le thème spécial “Festival de Cannes”, découvrez l’interview de Florence Rouffart, une jeune productrice indépendante et fondatrice de Flocon Production. Florence a accepté de répondre aux questions de Mademoiselle Ergo et partager avec vous sa passion pour son métier. Au travers de Flocon Production, elle a su réinventer l’univers de la vidéo dans le but d’apporter d’autres types de contenus pour les sociétés et les particuliers.

«MADEMOISELLE ERGO» – Peux-tu nous parler ton métier “productrice vidéo” et ta boîte de production, “Flocon Production”?

Florence Rouffart – J’ai choisi ce nom car Flocon est un nickname qu’on m’a donné quand j’habitais encore à Liège et qui m’a suivi ici, à Bruxelles.

Ce que je propose, ce sont des vidéos promotionnelles, essentiellement dédiées à être diffusées sur les réseaux sociaux. Teaser, after-movies, interviews, documentaires, ce n’est pas le sujet qui compte mais la manière de le traiter.

Le métier, je l’apprends tous les jours. Je ne sors pas d’une école de cinéma, j’ai vraiment créé une structure à mon image : un mix de compétences en lien avec la communication et le marketing (stratégie, contenu, média) ajouté à une passion pour la vidéo, ses techniques et son impact sur le web.

Quels études ou formations as-tu suivies?

J’ai fait un Master en Publicité et Communications Commerciales à l’IHECS que j’ai terminé en juin 2015. Grâce à cette formation, j’ai reçu des acquis au niveau des techniques de marketing dans le digital et j’ai également participé à de nombreux travaux médiatiques qui m’ont initié à la vidéo mais aussi au graphisme, au web, à la photo, radio, etc,.

Cette combinaison m’a idéalement formée dans l’approche client, son image et ses objectifs.

Comment t’es venue l’envie devenir indépendante et de créer ta propre boîte?

Suite à quelques stages en agences média (planification et achat d’espaces publicitaires), j’ai vraiment été secouée par ce qui s’y passait. J’avais ce sentiment que j’allais passer le reste de ma vie avec un job vide de sens, accolée à une chaise de bureau et vissée à mon écran d’ordinateur. Le tout dans une structure où les gens se forcent à utiliser un jargon bourré d’anglicismes et passent leurs temps libres à faire des réunions power-points.

Je n’ai peut-être pas eu de chance, je suis peut-être « mal tombée » mais le choc a été intense. Je peux dire que j’étais dégoutée, je rentrais le soir avec une boule au ventre, mon avenir m’angoissait. Du coup, l’idée de travailler à mon compte n’a fait que grandir depuis cette expérience.

Comment se passe une semaine ou journée type avec toi?

Vu que je débute, j’endosse toutes les responsabilités et fonctions liées à mon activité. Je prospecte, j’envoie des mails, je démarche de nouveaux clients, j’élabore des briefings, je pars en tournage, je filme,  je monte et je fais un peu de post-production. Je dois en même temps entretenir mes comptes Facebook et Instagram, designer mon identité visuelle, me renseigner sur les nouveautés en lien avec la vidéo et surtout, le plus dur selon moi, gérer toute l’administration liée à Flocon Production.

Pourquoi as-tu choisi de faire ce métier?

Quand je filme, je suis tellement concentrée que je fais abstraction de ce qui m’entoure. Quand je suis sur un montage, je fais preuve d’une patience que je ne me connaissais pas. Bref, quand je fais des vidéos, je suis A FOND, j’aime et je vis ce que je fais. Même si  je galère encore pour arriver à en vivre, c’est vraiment ce sentiment de « se réaliser » et faire ce que j’aime qui me pousse à y croire d’avantage.

Qu’est-ce qui te passionne le plus dans ton travail?

Premièrement, ce que j’aime le plus, c’est qu’une vidéo ne ressemble jamais à une autre. Que ce soit pour le lancement d’une nouvelle voiture, pour vendre les services d’un barbier ou pour mettre en avant une personnalité, chaque tournage est différent par les gens qu’on rencontre.

J’aime également le rythme imposé par ce métier, qui offre des horaires très irréguliers. Quand j’enchaine tournages et montages, j’ai une forme d’euphorie qui me donne des ailes, j’ADORE ça.

Les perspectives liées à ce boulot me donnent aussi beaucoup de courage et de motivation. Quand en règle générale, tout autour de moi me fait dire que l’avenir est angoissant, j’ai pourtant beaucoup d’espoir quant au développement de ma structure.

Quels sont les conseils que tu donnerais aux jeunes qui veulent se lancer dans la création d’une start-up etc?

Quand on débute, il ne faut pas avoir peur de bosser « à perte », voire gratuitement.

Dans ce milieu, c’est le travail qui amène le travail. Dans cet esprit d’auto-entreprenariat, c’est en produisant du contenu, qu’on peut espérer faire de nouvelles rencontres, suscité de l’intérêt chez de nouveaux clients, se faire repérer par un potentiel employeur,…

Pour ma part, j’ai commencé mon activité en allant filmer quelques établissements de ma propre initiative, et une fois mes vidéos montées, j’ai réussi soit à les vendre, soit à signer des contrats de plusieurs capsules. Et toutes ces vidéos me servent aujourd’hui d’exemples pour appuyer mon profil lorsque l’on me contacte.

Si on n’a rien à montrer, si on n’a pas un « portfolio » assez fourni, on ne peut pas espérer que cela tombe du ciel.

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